Objet de passion, parfois de vénération, le chocolat vous aime autant que vous l'aimez!
Aux environs du Xè siècle, un roi prêtre, nommé Quetzalcoalt, le serpent à plumes, étendait son pouvoir sacré sur les Toltèques, habitants des cités Mayas. Réputé pour être le maître de la lune et des vents, Quetzalcoalt avait découvert une fève de cacaoyer qu'il offrit à son peuple en guise de médecine propre à soulager leurs maux. Le bon roi initia ses sujets à la culture des cacaoyers et leur apprit à extraire le jus des fruits que l'arbre produisait sous forme de cabosses.
Mais, comme dans toute société, des jaloux n'attendaient qu'une faille de la part de ce roi tant aimé de ses sujets. Or Quetzalcoalt souhaitait acquérir l'immortalité. Il commit une erreur fatale en adressant sa requête au tout puissant Tezcatlipoca qui aussitôt jura sa perte en lui faisant absorber un philtre de folie et de mort.
C'est ainsi que le règne du serpent à plume s'acheva en laissant une promesse de retour en temps voulu, et la marque de son amour pour son peuple avec la précieuse boisson.
Evolution du chocolat
Au XVIè siècle, le chocolat devint une boisson fort appréciée par les Aztèques dont seuls les hauts dignitaires pouvaient bénéficier. La fève elle-même servit de monnaie d'échange tant elle était rare et prisée, ce qui rendait sa valeur inestimable.
En 1519, Christophe Colomb débarque au Honduras où il reçoit l'honneur des grands privilèges en goûtant pour la première fois le breuvage divin offert par les Aztèques. Cette expérience gustative le laissa pourtant indifférent.
Entre-temps, les marabouts découvrent les vertus aphrodisiaques et curatives du beurre de cacao qu'ils utilisent pour soulager les brûlures et autres plaies.
Le 21 avril de la même année, une comète apparaît, suivie d'un tremblement de terre. Les indigènes y voient la réalisation de la prédiction du serpent à plumes qui avait en son temps prophétisé son retour.
Ce même jour, Hernan Cortes accoste à l'ouest de la péninsule du Yutacan avec une suite impressionnante de onze navires, seize chevaux, cinq cent huit hommes et une douzaine de canons. Le roi aztèque Moctezuma le prend alors pour Quetzalcoalt et met à sa disposition tout ce dont un homme vénéré comme un dieu puisse rêver d'acquérir.
Parmi les richesses offertes, Cortes reçoit une gigantesque plantation de cacaoyers dont il réalise rapidement la valeur.
La suite de cette aventure pour demain...