Du chocolat pour la santé (2),
L'engouement se propage,
Dans un premier temps, la saveur du chocolat consommé brut ne séduit pas tout le monde. Les Espagnols colonisateurs des "Indes occidentales" rejettent même cette boisson au goût peu commun.
Sa transformation viendra d'un groupe de religieuses qui lui adjuvèrent du sucre de canne, du musc et de la fleur d'oranger. Le succès ne se fit pas attendre et la nouvelle potion prit son essor sous les directives des moines et des moniales qui entreprirent de confectionner des pastilles de chocolat solide à partir du liquide.
Le chocolat tel que nous le connaissons commençait à naître. Bientôt, les Espagnols acheminèrent le précieux produit vers leur patrie avec la difficulté de sa conservation durant les deux mois de son transport en mer.
En 1585, le premier envoi de fèves via Vera Cruz à destination de Séville résoudra le problème et la première chocolaterie s'établira en Espagne. L'introduction du chocolat investit peu à peu le pays et son usage régale tout les palais.
Curieusement, les meilleurs ambassadeurs sont les moines par l'intermédiaire desquels le chocolat franchit les ors de la cour d'Espagne pour s'étendre à l'Italie, l'Allemagne et l'Autriche avant d'atteindre l'Angleterre en 1657. La France n'était pas en reste qui, depuis 1615 et grâce à Anne d'Autriche savait goûter la friandise et s'en régaler en haut lieu. Car à l'époque, le chocolat était toujours une boisson royale que l'on consommait dans les alcoves en prélude aux jeux de l'amour. Plus tard, Marie-Antoinette convertit Louis XVI à sa passion pour son "breuvage de l'amour" et instaure une nouvelle fonction au palais, celle de chocolatier de la reine.
En 1774, les premières tablettes font leur apparition, la noblesse s'en réjouit et le peuple se contente d'en rêver.
La Révolution française jettera un voile d'oubli provisoire sur ce luxe des grands refusé aux petits. Mais le plaisir a ses raisons que la raison ignore et le bonheur de la dégustation resurgira sous une forme inattendue, la médecine.