Histoire naturelle...
Histoire naturelle du syndrome d’apnée et d’hypopnée obstructive du sommeil
Les muscles génioglosses ont pour fonction de tirer la langue vers l’avant.
Lors du sommeil sur le dos, si ces muscles ne se contractent pas pendant l’inspiration, la langue tombe en arrière et obstrue le passage de l’air. D’où la nécessité pour l’organisme de faire un effort pour reprendre souffle, ce qui induit à chaque fois un micro-réveil.
Les épisodes de SAOS surviennent au cours des phases de sommeil paradoxal.
Comme le tonus musculaire est alors à son plus bas, la respiration devient irrégulière et perd en efficacité.
La durée des arrêts respiratoires peut alors très largement dépasser les dix secondes. Quant à leur nombre, il peut atteindre plusieurs centaines par nuit.
Lors de chaque épisode d’apnée, le cœur s’accélère, la pression artérielle augmente, le taux sanguin en oxygène chute tandis que celui du gaz carbonique grimpe en flèche.
Au-delà d’un certain seuil, le cerveau automatique réveille l’individu et l’oblige à reprendre de l’air.
Quel impact ?
Quelle que soit leur fréquence, les épisodes de SAOS altèrent le fonctionnement normal des différents systèmes de régulation de l’organisme :
- Diminution des temps en sommeil profond et en sommeil paradoxal. L’organisme a moins de temps pour se régénérer.
- Diminution des apports sanguins en oxygène (hypoxémie) et de l’élimination du gaz carbonique (hypercapnie). L’homéostasie (le bon fonctionnement) de toutes les cellules de l’organisme est mise en danger.
- Risque élevé, à plus ou moins long terme, de dégénérescence organique et tissulaire multifocal : vasculaire (athérosclérose), neurologique (perte localisée de substance grise cérébrale), dégradation des fonctions rénale, hépatique et pancréatique, atteintes oculaires.
C’est pourquoi avec le temps, la capacité cérébrale à réagir aux perturbations gazeuses du sang s’émousse et, par voie de conséquence, les épisodes d’hypopnées et d’apnées s’aggravent progressivement.
À suivre...