Le pont de confolent est, depuis 1993, surplombé par le viaduc de Pont de Lignon, qui le domine de cent mètres.
Confolent, village de la commune de Beauzac, aura dû patienter longtemps avant de posséder un pont.
Isolé de Monistrol-sur-Loire et de Bas-en-Basset, en périphérie de l’axe de communication Lyon/Toulouse, son utilité était toute relative.
Comme souvent à l’époque, c’était un bac qui assurait la liaison entre les deux rives. Las du service irrégulier qu’offrait ce genre de moyen de transport, la création d’un pont suspendu, en 1863, voit le jour. Gilbert Duplain, adhérent des Amis du vieux Beauzac se souvient :
« À l’origine, si on empruntait le pont, il fallait payer un droit de passage et cela a duré pendant près de trente ans. »
D’après les archives beauzacoises, près de cent cinquante ans plus tard, il ne subsiste que les parties en maçonnerie de l’ouvrage initial. Ce pont aura subi de nombreuses réparations au fil des décennies. Dans son ouvrage Ponts de Haute-Loire, Jean Chervalier revient sur une anecdote.
« Un câble de suspension rompt le 1 er décembre 1893, ce qui motive un arrêté du préfet, limitant à 2 000 kg les charges autorisées au passage du pont. Cette mesure mécontente les carriers et les industriels […] prêts à traverser le pont avec une charge de 6 000 kg pour démontrer au préfet que son arrêté n’était pas fondé. » Leur pétition sera rejetée. En 1921, suite à une nouvelle rupture de câble, le pont sera interdit à tous les véhicules automobiles.
Aujourd’hui encore, au vu de la fragilité des dispositifs d’ancrages lors des températures hivernales, il est interdit à toute circulation lorsque le thermomètre passe en dessous des 10 °C. Ce pont suspendu est depuis septembre 1990 inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques. Sa présence est très appréciée des habitants locaux, leur facilitant l’accès aux communes avoisinantes.
Il est surplombé, depuis 1993, par le gigantesque viaduc du Lignon, qui domine, désormais, toute la vallée. Avec l’achèvement de celle que l’on appelle communément la « deux fois deux voies », la construction d’un ouvrage enjambant la vallée et Pont de Lignon était devenue obligatoire.
La réalisation de ce viaduc est grandiose, de par sa hauteur déjà : la plus grande poutre mesure près de 105 mètres de haut. Long de 640 mètres il sera achevé à l’automne 1993 soit deux ans après le début des travaux. Quelques chiffres, fournis dans les documents officiels témoignent de la grandeur du projet : 1 900 tonnes d’acier pour la charpente métallique, 1 500 tonnes pour le béton armé et 12 300 mètres de béton ! Il est ouvert à la circulation le 19 novembre 1993 et inauguré par le Premier ministre Édouard Balladur, le 25 février de l’année suivante.
Jean Chervalier dans son livre, dévoile que le viaduc « de Pont-de-Lignon » a obtenu la récompense du ruban d’argent du 3 ème palmarès des ouvrages routiers en 1995.
De nos jours, la route nationale 88 l’emprunte et assure la liaison express entre Lyon et Toulouse, plus localement entre Monistrol-sur-Loire et Saint-Maurice-de-Lignon.
Un article de Anthony Perrel