La chapelle du Fraisse...
... se trouve sur la commune de Beauzac dans la partie Est du département de la Haute-Loire.
Bien qu'il ne reste aujourd’hui qu'une chapelle c'était à l'époque un domaine agricole; composé d'une maison d'habitation, d'une grange, d'une église et d'un cimetière. Les soubassements de l'habitation attenante à la chapelle sont encore visibles de nos jours.
Elle est inscrite aux monuments historiques depuis le 22 juin 1972.
Elle est située à mi-hauteur d'une vallée creusée par la rivière du Ramel, dans une forêt.
Sur le sommet de la vallée on trouve le village du Fraisse-Haut et sur le fond on trouve les ruines d'un ancien village nommé le Fraisse-Bas. Le site se trouve à environ 2 kilomètres du confluent entre le Ramel et la Loire.
Le mot Fraisse vient du mot frêne.
La chapelle a probablement été nommée ainsi, en référence aux nombreux arbres que l'on trouve aux alentours du site.
La chapelle est de style roman, la porte principale est cependant en ogive. Elle est surmontée de trois clochetons à chapiteaux romans.
Le site de la chapelle du Fraisse était sans doute peuplé dès le néolithique.
Différentes pierres, notamment une pierre à cupules et un mégalithe christianisé laissent penser que le site était autrefois un lieu de culte celtique. XIIème, XIIIème siècles.
La disposition de la chapelle...
... et les soubassements qui restent de l'ancien domaine — ainsi que la date de construction — permettent de dire que le bâtiment a été érigé par les hospitaliers. Ces derniers sont en effet arrivés dans le Velay vers la moitié du XIIème siècle.
La commanderie du Fraisse est utilisée par les hospitaliers comme domaine agricole. Ils habitent le domaine jusqu'à la fin du XIIème siècle. En 1273 les hospitaliers cèdent le domaine à l'abbaye du Monastier. Il devient un prieuré bénédictin dépendant de l'abbaye Saint-Chaffre au Début du XIIème siècle.
Un acte de vente atteste que les moines du Monastier ont vendu le domaine du Fraisse en 1616. Le domaine est cédé à Nohé de Jourda (ancêtre de Noël de Jourda), sous forme d'emphytéose*.
Dans le contrat de vente, il est stipulé que Nohé Jourda s'engage à entretenir la chapelle pour permettre aux habitants des environs d'y pratiquer le culte. Des offices réguliers (baptêmes et enterrements) s'y tiennent jusqu’à la Révolution.
À cette époque une vague anticléricale succède à la Révolution française. On trouve dans les registres de délibérations municipales de la commune de Beauzac — datés d'avril 1794 — des passages où il est question de démolir les clochers des églises et des chapelles de la région. Il est aussi question de faire l'inventaire des biens des édifices religieux pour ensuite les en déposséder.
Les archives de mai 1794 de la commune de Beauzac explicitent qu'à cette date tous les objets de culte de la chapelle du Fraisse ont disparu. On ne sait pas si la disparition des biens est due aux habitants du Fraisse qui auraient emporté les objets en vue de les protéger, ou si elle est dû aux révolutionnaires eux-mêmes. Le clocher de la chapelle quant à lui n'est heureusement pas détruit. (XIXème et XXème siècles)
En 1812 la chapelle devient bien de section, elle revient donc aux habitants du Fraisse-Haut et du Fraisse-Bas.
Après 1821 on ne trouve plus de documents attestant que des enterrements, ou autre offices religieux, aient pu s'y tenir.
Au début du XXème siècle la chapelle est en très mauvais état. Un arbre pousse sur la voûte du toit. Les dalles aux sols sont vandalisées dans l'espoir de découvrir un trésor.
Entre 1970 et 2003, la chapelle connaît plusieurs restauration qui assureront sa conservation.
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« Chapelle du fraisse (beauzac) haute-loire 02 » par Jérôme Marcon — Travail personnel. Sous licence CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons - http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Chapelle_du_fraisse_(beauzac)_haute-loire_02.JPG#/media/File:Chapelle_du_fraisse_(beauzac)_haute-loire_02.JPG
emphytéose
L'"emphytéose" ou " bail emphytéotique" est une convention de bail fait pour une durée de plus de dix- huit ans portant sur une terre rurale. Ce type de bail constitue un droit réel immobilier. Pour cette raison le contrat qui le constitue doit faire l'objet d'une publicité foncière. Le bail emphytéotique de biens immeubles confère au preneur un droit réel susceptible d'hypothèque, ce droit peut être cédé et saisi dans les formes prescrites pour la saisie immobilière. Il en résulte que la Cour d'appel qui a constaté qu'un bail comportait une clause qui en limitait la cession, ne pouvait, de ce fait, le qualifier d'emphytéotique. (3°Chambre civile, 29 avril 2009, pourvoi : 08-10944, BICC n°709 du 15 octobre 2009 et Legifrance).
La caractéristique de l'emphytéose réside dans le fait qu'en compensation d'une redevance très modeste, sans qu'il ait à indemniser le locataire, en fin de contrat le bailleur devient propriétaire des améliorations et des constructions que le locataire a faites pendant la durée du bail. Sur la distinction entre le bail et le bail emphytéotique consulter l'arrêt Cass. civ. III, 13 mai 1968, Bull. civ. III, n°101 et la note de M. A. Robert, Dalloz 1998, Sommaire. 346