Lézardrieux
En passant le pont qui enjambe le Trieux, vous entrez maintenant dans le pays de Tregor.
Lézardrieux en est la première étape.
L'origine de son nom provient de sa situation : en vieux breton, Léh ar Tréon signifiant "lieu du Trieux". Elle deviendra Lézardréon (en breton) au 16ème siècle, lorsqu'elle perdra son indépendance, pour devenir Lézardrieux dans le langage français courant.
La longue marche que vous permet le chemin des douaniers sur la côte Est bordant la rivière vous offrira des panoramas sans cesse renouvelés.
En retrait de la mer mais baignée par les eaux de la Manche, Lézardrieux est perchée en bordure de l'estuaire du Trieux, rivière traversant la ville de Pontrieux et venant de Guingamp. Ses rives verdoyantes, le plus souvent bordées de rochers sur la rive gauche, peuvent vous mener à son embouchure et plus loin vers le sillon de Talbert ou face à Bréhat si vous empruntez la rive droite dont le relief plus adouci vous fera le plus souvent longer la rivière.
Le pont par lequel vous êtes arrivés en venant de Kergrist fut construit de 1924 à 1926. Il comporta une voie de chemin de fer qui servit jusqu'en 1950 et dont les rails seront ôtés en 1972 au profit d'un élargissement carrossable.
Il n'est toutefois pas le premier ouvrage du genre a avoir relié le Goélo au Trégor : il fait suite à un pont suspendu, à tablier en bois, dont les travaux débuteront en 1836 pour s'achever en 1840. D'une longueur totale de 234 mètres, surplombant la rivière de telle sorte que des navires jaugeant jusqu'à 100 tonneaux pouvaient circuler, il fera l'objet d'un péage jusqu'en 1866.
Ces différents ouvrages permirent de mettre fin à une traversée du Trieux pouvant être périlleuse, un bac dépendant d'un passeur qui, pour quelques pièces de plus, autorisait parfois une surcharge dangereuse.
Il existe deux chapelles, de part et d'autre de la rivière. L'une est dédiée à Saint-Christophe, en Lézardrieux, l'autre, dont il ne reste aujourd'hui que des ruines, à Saint-Julien, en Kergrist. Selon les croyances locales, ne possédant pas d'embarcation, les deux saints passaient les voyageurs en les portants sur le dos.

