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Les bonnes raisons d'avoir du culot

Même s'il peut parfois agresser les autres et les inciter à se remettre en question, le toupet est un formidable atout, un moteur incroyable pour avancer et construire une bonne image de soi, à condition de rester polie.

Squeezer une file d'attente d'un air hautain, c'est l'exemple type du mauvais culot.

On est dans le registre de l'affirmation via la négation, voire la manipulation d'autrui.

Mais trouver les mots justes pour dire à son supérieur que sa façon de s'adresser à son équipe n'est pas supportable est autrement culotté.

On est ici du bon côté du culot.

On a pris des risques: on a su faire un petit pas par rapport aux codes et aux conventions, on a mis de côté sa passivité.

Parfois on peut se retrouver sur le fil du rasoir: quand on prend position contre un discours politiquement correct car on ne supporte plus des propos lénifiants, quitte à en faire trop.

Ce culot provocateur qui vient briser un consensus est destiné à forcer la discussion,la réflexion.

S'il est indispensable pour faire bouger les esprits, il reste à manier avec précaution car susceptible d'attirer sur soi des jugements erronés.

Être en accord avec soi-même

Un chauffeur de taxi tenait devant vous des propos racistes et vous avez osé lui dire, sans agressivité, que vous ne partagiez pas son point de vue.

Mieux, vous avez argumenté pour lui démontrer l'inanité de son opinion.

Bravo!

Le plus grand bénéfice de dire avec aplomb ce que l'on ressent, en cherchant à le faire avec justesse, c'est l'authenticité: plutôt que d'étouffer son vrai moi, on lui permet de s'exprimer pleinement.

Et puis avoir son éthique dans un contexte difficile est source de fierté: on gagne en estime de soi.

Le culot permet de cesser de tricher avec soi-même, de ne pas développer sa personnalité sur des faux semblants.

Car, à force de supporter sans rien dire des choses qui nous choquent, on s'abîme, on s'érode de l'intérieur.

On est pris dans un clivage tel qu'on peut s'en rendre malade.

Alors oui, le culot mérite qu'on fasse l'effort d'aller le chercher au plus profond de soi quand il ne vient pas spontanément.

Car non seulement il n'est pas inné, mais il est aussi peu encouragé par l'éducation.

Beaucoup d'entre-nous, pour se faire accepter, ont été élevés à ne pas faire de vagues, dans leur famille d'abord, dans la vie sociale ensuite.

C'est toute l'ambivalence de notre société qui, d'un côté valorise une forme d'effronterie (qui en devient assez conventionnelle, du coup), notamment dans certaines émissions télévisées, mais qui, dans les familles, à l'école et dans les entreprises, continue d'accepter assez mal le toupet et ceux qui sortent du rang.

La suite mercredi

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