Extrait de l'article sur le pic noir (lu dans le car)
Et si, à l’instar de beaucoup de réalisations humaines, le marteau-piqueur devait son origine à l’inépuisable inventivité du Créateur ? Il n’est pas interdit, en effet, d’imaginer que le spectacle d’un oiseau tambourinant sur un tronc d’arbre pour se repaître d’insectes arboricoles ait pu donner un jour des idées à quelqu’un.
On s’intéressera ici au pic noir (qui est aussi grand qu’une corneille) et à sa morphologie très particulière, sachant que – fonction oblige – celle des autres pics présente des caractéristiques analogues.
Supposition absurde : des tortionnaires bizarrement cruels vous affublent d’un masque muni d’un bec dur et vous contraignent à tambouriner avec ce dernier sur un tronc d’arbre, le plus fort et le plus rapidement possible. Vous n’allez pas tenir longtemps à ce régime : ce sera bien le diable si vous parvenez à donner – pas très fort – deux ou trois coups par seconde, et encore cela ne pourra-t-il guère durer, parce que vous allez vite ressentir de violentes courbatures au cou et aux épaules, mais surtout une migraine effroyable.
Or, le pic noir, lui, s’acquitte de cette tâche infatigablement, à une cadence infernale et avec une totale efficacité, bref, "comme qui rigole (2)". Et le bougre n’a pas grand mérite à cela, car il est doté d’un mécanisme antichocs ultra-perfectionné. Des études anatomiques et des films à haute vitesse ont permis d’identifier les dispositifs suivants :
. Bien que spongieux, l’os crânien est dense et épais, surtout à l’arrière de la tête (qui subit le contrecoup) et à la base du crâne, derrière le bec.
- Des butées situées aux bons endroits empêchent certains os pointus de venir perforer la boîte crânienne, tandis que d’autres pièces du meccano coulissent très légèrement entre elles, de façon à absorber les chocs sans se briser.
- Le cerveau est étroitement enserré dans la boîte crânienne, où il y a très peu d’espace et de fluide entre la matière grise et l’os, d’où l’absence de tout risque de ballottement.
- Le crâne et le bec sont séparés par un cartilage-tampon qui amortit le choc, mais sans excès, pour ne pas priver le bec de son pouvoir perforant.
- La musculature du pic noir est conçue comme un système de freinage hydraulique chargé de répartir et d’amortir les chocs autour du crâne, tout en rigidifiant le cou lors de chaque percussion contre l’écorce, grâce à quoi le mouvement de la tête est remarquablement faible après l’impact.
- Il est possible aussi que le muscle de la langue, qui fait le tour du crâne par l’arrière (en partant du dessous du bec et en rejoignant la narine droite), joue un rôle dans la répartition et l’amortissement des vibrations.
- Quand le pic est en action, sa tête suit une trajectoire presque rectiligne, ce qui lui évite
- des mouvements de rotation potentiellement dangereux pour le cerveau et les connections neuronales (cf. le syndrome des « bébés secoués » et le « coup du lapin »).
Contrairement à vous ou moi, qui n’aurions aucune chance de nous alimenter aussi efficacement et impunément que lui (même si la curieuse envie nous en prenait), le pic noir possède donc un outillage idéal, que ne renierait aucun terrassier spécialisé.
[1] Les caractéristiques physiques du pic noir ici décrites sont tirées du numéro 83 de La Hulotte (« le journal le plus lu dans les terriers »), ainsi que d’une remarquable intervention figurant dans le courrier des lecteurs du site Internet de ce périodique vraiment épatant : http://www.lahulotte.fr/.
[2] Que l’on songe au cri d’appel du pivert (mâle et femelle), qui ressemble à un rire strident et qui a inspiré l’irrésistible personnage de dessin animé Woody Woodpecker.
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Le pic noir, Chants des oiseaux de France Métropolitaine
images de http://www.oiseaux.net/ Sons de GUIDE DES CHANTS D'EUROPE OCCIDENTALE - André BOSSUS et François Charron - Delachaux et Nieslé - LES GUIDES DU NATURALISTE et de 10 cd's-Cris et chants des
Il chante mieux que moi, vous trouvez pas?