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L’herboristerie entre en résistance

"Comment faire vivre et protéger la filière “plantes médicinales” ?

Tel était le thème du 4e Congrès des herboristes, qui s’est tenu les 23 et 24 avril à Paris.

Interdit en France depuis 1941 sous le régime de Vichy, le métier d’herboriste n’a pourtant pas disparu. Contre vents et marées, la profession se bat pour faire reconnaître sa place à l’heure où la filière connaît une demande de plus en plus forte.

Avec plus de 600 inscrits, trois fois plus que lors de la première édition (en 2013), le congrès a réuni professionnels, étudiants et amateurs.

« L’herboriste est un métier à part, ce n’est ni un médecin ni un pharmacien. Il a la passion de son travail, il sait à la fois reconnaître, cueillir, transformer, conseiller et vendre les plantes. Il respecte toutes les formes de “médecines” », explique Patrice de Bonneval, président de la Fédération française des écoles d’herboristerie.

Héritiers de pratiques ancestrales, les herboristes conseillent les personnes à la recherche de remèdes naturels pour divers troubles communs (digestion, sommeil, rhume, ménopause, stress, etc.) en guise de premiers soins, de compléments ou de prévention pour une meilleure santé.

L’herboristerie entre en résistance

Monopole des plantes médicinales

Portés par la demande du public, décidés à s’unir, les herboristes ont annoncé au congrès la création récente du premier syndicat national des métiers de l’herboristerie, Synaplante.

Son président, Michel Pierre, souligne leurs objectifs : « Assurer une bonne qualité des plantes et une bonne pratique des vendeurs selon un code de déontologie ; trouver une solution pour que le public ait en face de lui des personnes compétentes grâce à la reconnaissance d’un diplôme d’herboriste et élargir le catalogue des plantes autorisées. »

Depuis 1941, le monopole des plantes médicinales revient aux pharmacies d’officine.

Aussi les herboristes exercent-ils leur métier discrètement ou au grand jour, au risque de s’exposer à des poursuites judiciaires par l’ordre des pharmaciens.

Aujourd’hui, seules 148 plantes sont autorisées à la vente libre alors que l’herboristerie traditionnelle en manipule des centaines. « Ce qui est absurde, c’est que les pharmaciens, qui ne sont plus formés à la botanique et qui n’apprennent que quelques plantes à la fac, veulent avoir le monopole sur toutes les plantes, alors que les herboristes en connaissent plus de 400 ! », s’indigne Patrice de Bonneval, herboriste depuis plus de quarante ans, plusieurs fois poursuivi en justice malgré son diplôme en pharmacie.

L’herboristerie entre en résistance

En France...

En France, six écoles reconnues par les professionnels proposent des formations en plantes médicinales avec des cours pluridisciplinaires en trois ans (botanique, anatomie, biochimie, diététique, etc.).

Elles voient leurs ­effectifs croître chaque année, avec près de 1 500 élèves au total.

À défaut d’un diplôme, elles délivrent un certificat non reconnu, alors qu’au Royaume-Uni, en Belgique, en Suisse ou encore en Italie, les herboristes peuvent exercer leur activité légalement avec une liste de plantes médicinales plus importante qu’en France.

Depuis 2014, un décret autorise néanmoins l’emploi de plantes médicinales dans les compléments alimentaires pouvant « être vendus par des personnes autres que des pharmaciens » (article D4211-12 du code de la santé publique).

Si 542 plantes sont aujour­d’hui concernées, la liste devrait atteindre plus de mille demandes d’autorisation dans les mois qui viennent.

Les herboristes voient là une situation incongrue puisqu’ils ne sont pas autorisés à vendre ces plantes en vrac, bien que la plante naturelle soit nettement moins concentrée en principes actifs qu’une gélule.

À suivre...

Tag(s) : #Il faut savoir
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