C'est l'alerte permanente
Dans votre environnement classique d’aujourd’hui, votre téléphone sonne et clignote. Votre téléphone personnel vibre brièvement pour afficher une notification ; le résumé de chaque email s’affiche quelques secondes en bas à droite de votre ordinateur ; les brèves d’informations défilent... C’est l’alerte permanente.
Même si, au royaume de la réactivité, ce mode de fonctionnement peut aujourd’hui souvent sembler inévitable, c’est une aberration du point de vue de l’évolution de notre espèce.
Le corps humain sait réagir à l’alerte. Il sait très bien réagir à un stress. Ce mécanisme est prévu dans un objectif de survie, pour faire face aux situations de vie ou de mort, celles où il faut ou bien se battre, ou bien prendre les jambes à son cou. Un flux d’adrénaline, de cortisol et de toute une série d’autres hormones est produit pour cela. Le corps entier se mobilise contre le danger, le système immunitaire se met en pause, certains mécanismes de maintenance s’arrêtent.
La vie moderne génère une séquence ininterrompue de petits stress. Et le corps humain, lui, ne s’est pas encore adapté à ces nouvelles sources de stress. Le corps fait l’amalgame entre un danger véritable et ce quotidien banal.
Ce qui avait un sens dans un environnement ancestral devient complètement inadéquat aujourd’hui, et c’est dangereux. Activer en permanence les mécanismes de réaction au danger, c’est se retrouver trop souvent dans un état où le corps fait l’impasse sur sa défense immunitaire et sur ses mécanismes de maintenance interne. Et c’est aussi prendre le risque de voir progressivement diminuer sa sensibilité à ces hormones, poussant le corps à en produire toujours plus, jusqu’à épuisement.
Vous avez dit stress?
Ces sources de stress permanent sont pratiquement impossibles à éliminer aujourd’hui. Là encore, pour la plupart, nous n’avons ni le luxe ni l’envie d’aller vivre en ermite dans les bois (quoique, certains matins…). Mettre en place des moyens pour limiter l’impact de ces nouvelles sources de stress, par contre, c’est possible.
Comment ? Oublions le culte de la réactivité un instant.
Une des méthodes les plus efficaces pour cela, c’est de désactiver toutes les notifications. Presque toutes. Désactiver les notifications de nouveaux mails, personnels et professionnels, désactiver les notifications Facebook, Whatsapp, Twitter, ne pas recevoir les infos en temps réel, ne pas répondre systématiquement aux appels. Garder éventuellement un canal pour être joint si c’est réellement urgent : par exemple, le SMS. Tous ces messages, les traiter ensuite par lot, une ou deux fois par jour.
Il faut initialement un peu « éduquer » ses contacts personnels et professionnels, pour que ce nouveau mode de travail soit connu : « je vais vous répondre à un moment, mais pas tout de suite ». Avec une dose de discipline, ça marche.
Bénéfice secondaire, l’efficacité augmente avec cette concentration retrouvée, et les réunions redeviennent utiles lorsqu’on réapprend à lever les yeux de son téléphone. Est-ce que le monde entier se met en alerte parce que vous ne répondez pas en temps réel ?
Non, en général il s’adapte progressivement à vous.
C’est un principe clé pour réduire le stress : ne laissez pas les autres gérer votre journée. Plus facile à dire qu’à faire ?
Essayez une semaine, puis adaptez.
À suivre...