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Bernique!

Collante comme la patelle

Rivées à leur rocher, les patelles, aussi appelées chapeaux chinois ou encore berniques (petites mamelles) ne sont passives qu'en apparence.

Sans que l'on s'en doute, elles jouent un rôle important dans l'équilibre de l'écosystème du littoral: le nettoyage des rochers. Elles broutent en effet les algues avec leur radial (long filament denté).

Chaque patelle occupe une place très précise sur son rocher. Sa coquille s'adapte exactement au moindre relief, ce qui lui permet de conserver une petite réserve d'eau, tout en se préservant d'une partie de ses prédateurs.

Après chaque expédition alimentaire, elle revient toujours à sa place, en suivant le mucus qu'elle a déposé en chemin, et en refaisant tous les mouvements dans le sens inverse. Par contre, on ne sait toujours pas ce qui lui permet de retrouver son rocher lorsqu'on l'a déplace hors de sa zone d'évolution.

Sur nos côtes, cohabitent trois espèces:

- la patelle commune, au pied vert,

- la patelle rugueuse, dont le pied est orange,

- la patelle aplatie, au pied gris, de loin la plus gustative.

La patelle était une ressource alimentaire importante pour les hommes préhistoriques. Elle est restée durand des siècles, un aliment de base pour les habitants les plus pauvres de nos côtes, d'où une moquerie des gens aisés du Léon, qui accusaient les plus démunis de remplacer les pruneaux par les berniques dans leur far.

Selon la tradition bretonne, la patelle aurait également des vertus médicinales.

Dans les fermes, les paysans faisait manger des patelles bouillies aux cochons malades.

Ailleurs, on mettait des colliers de patelles au cou des jeunes enfants pour les protéger des vers.

Des coquilles percées étaient placées sur les yeux des personnes qui louchaient pour leur permettre de retrouver une vue normale.

Dans les Côtes-d'Armor, paraît-il, les femmes allaitantes plaçaient de grandes coquilles sur leurs seins pour faire passer leur lait. La patelle vivante placée sur les gerçures favorisait la cicatrisation.

De même en Cornouaille, on l'utilisait pour la guérison des corps au pied.

Mais on peut aussi être dégoûté à tout jamais du ragoût de berniques, si l'on se réfère à certaines croyances traditionnelles qui affirment que l'on retrouve dans les patelles, les yeux des noyés qui attendent la fin du monde pour retrouver leur orbite d'origine...3

Bernique!
Tag(s) : #Echapées belles GR 34
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