C'est sûr, vous la verrez certainement à Hostiaz, demain.
Vous ne pourrez pas la louper, elle est magnifique!
La grande gentiane
En latin Gentiana lutea, la grande gentiane est connue sous le nom de gentiane jaune, mais aussi de quinquina du pauvre.
Plante royale
La gentiane était considérée, au Moyen Âge comme dans l’Antiquité, telle une véritable panacée : elle faisait partie de nombreux élixirs et préparations. Elle était le pilier, avant l’apparition du quinquina, de la lutte contre toute sorte de fièvres.
Son nom proviendrait de sa découverte par un médecin de l’Antiquité nommé Gentius. Ensuite Mithridate l’utilisa, puis Dioscoride, Néron, Trajan et de nombreux autres puissants qui craignaient tous… qu’on les empoisonnât !
Mortelle par erreur
C’est la racine de la plante que l’on utilise, et de là peut provenir un risque grave de confusion.
L’un de ses voisins des plateaux de moyenne altitude et de terrain calcaire, que ce soit dans les Alpes, le Jura ou le Massif Central, est le vératre ou hellébore blanc, une plante toxique.
Si la confusion est possible entre les deux racines, la reconnaissance des fleurs est en revanche plus aisée : la grande gentiane fleurissant jaune et en grappes quand l’ellébore fleurit blanc.
Son domaine : la digestion
Tonique digestive, la grande gentiane sert à ouvrir l’appétit lorsque celui-ci s’avère défaillant. Elle active la digestion en stimulant l’excrétion de la bile et soulage l’estomac en cas de besoin. Elle fait disparaître les ballonnements et les flatulences, elle est fortifiante. Elle augmente aussi la production de salive et est anti vomitive.
C’est la plante souveraine contre la fatigue, surtout lorsque celle-ci est liée à une mauvaise digestion. Enfin elle est antiparasitaire, notamment contre les helminthes intestinaux.
Seules contre-indications : la femme enceinte et allaitante, l’enfant en dessous de 3 ans, la présence d’un ulcère à l’estomac, d’un reflux gastro-œsophagien, d’une hypertension artérielle.
Son utilisation
C’est à l’automne que l’on ramasse les racines de gentiane. En France, c’est la troisième plante médicinale récoltée en volume : soit 1500 tonnes ramassées par an. Les jeunes racines de gentiane ne doivent pas être récoltées mais au contraire préservées, on leur préférera celles de plus de 10 ans sachant que la plante peut vivre 50 ans.
Elles contiennent des secoiridoïdes, dont l’amaraugentine et le sweroside, des alcaloïdes dont la gentiannine et la gentianidine, des glucosides et des flavonoïdes. Autant de principes actifs et d’antioxydants.
On peut les consommer en décoction à raison de 2 g par tasse ; on prendra 3 tasses par jour, en cure sur conseil ou selon l’indication recherchée.
Mais aussi en macération froide en mettant 15 g à macérer 4 heures dans 1 litre d’eau. On filtre et on boit là aussi 3 tasses par jour.
En ajoutant 1 kg de sucre on obtient un sirop possible à donner aux grands enfants.
Clin d’œil
Excellent au goût et efficace en thérapeutique, le vin de gentiane : on laisse macérer une nuit 20 g de racines dans 1 litre de vin blanc, on filtre et voilà un excellent apéritif. Des apéritifs que l’on trouve aussi en commerce sous le nom de Suze, Salers, Avèze.
Un délicieux poison, celui-là !
Un article du Dr Jacques Labescat, extrait de la revue Plantes et Bien-être de mars 2015
"Cet article est informatif de botanique et non un conseil de soins"