La Malillumination pourrait être le prochain scandale sanitaire
Pourtant peu connus du grand public, les impacts sur la santé et les applications médicales de la lumière sont un champ d'investigation scientifique en pleine ébullition aujourd'hui.
Entre promesses thérapeutiques et risques sanitaires liés au phénomène de malillumination, L'interview de ANADI Martel nous aide à y voir plus clair.
Un article extrait de la revue Principes de Santé du mois de novembre 2014.
Anadi A. Martel
Est un physicien et électronicien canadien qui mène des recherches depuis trente ans sur la lumière et ses applications.
Président de l'International Light Association (ILA) depuis 2011, il est concepteur d'instruments expérimentaux comme la Sensophère ou le système Sensora.
Ce dernier, exposant la personne à des modulations de son environnement à la fois lumineux, sonore et kinésique, a des effets sur les ondes cérébrales et l'état interne de la personne, avec des perspectives prometteuses sur la dépression, le burn-out ou la douleur chronique notamment.
Principes de Santé Les recherches sur les vertus santé de la lumière semblent être en pleine expansion. Comment l'expliquer?
Anadi Martel Précisons d'emblée que ce n'est pas un domaine d'intérêt récent: beaucoup de civilisations anciennes utilisaient la lumière ou en devinaient les vertus.
Les choses se sont accélérées au début du XXème siècle. Niels Ryberg Finsen obtenait par exemple dès 1903 le prix Nobel de médecine pour son utilisation de radiations lumineuses dans le traitement de la tuberculose.
On a depuis accumulé beaucoup de données empiriques, avec une quantité impressionnante de recherches sur des thèmes très différents (système hormonal, cerveau, ADN) notamment à partir des années 2000.
P. de S. Pouvez-vous évoquer quelques-uns des grands domaines d'application aujourd'hui?
A.M. Il y a d'une part des thérapies qui utilisent la lumière de manière à détruire des pathogènes, comme la thérapie photodynamique (TPD), où des tumeurs cancéreuses sont détruites par l'utilisation conjointe d'un produit photo sensibilisant et d'un laser à faible intensité; ou bien la puvathérapie, qu'on utilise pour traiter le psoriasis ou le vitiligo.
D'autre part, il y a des thérapies basées sur la biophotomodulation qui vont utiliser la lumière pour régénérer les tissus, à l'instar des infrarouges utilisés en kinésithérapie ou en médecine du sport.
Les recherches fondatrices de Tina Karu dans les années 1980 en Russie ont montré les effets complexes de la lumière sur la mitochondrie des cellules et la hausse de la production d'energie (ATP) en son sein.
Elle a pu montrer que certaines fréquences lumineuses, surtout dans les rouges, accélèrent le métabolisme de la cellule, donc son renouvellement, et favorise de ce fait la réparation des tissus.
Depuis, des centaines d'articles ont été publiés et des milliers de médecins utilisent cette technologie.
À suivre...