Village de la Drôme, blotti au pied du Roc, il est connu pour sa forêt, où faunes et flores spécifiques des Alpes et de la Provence se côtoient. Toute l'année mais surtout à la belle saison, le tourisme tient une place importante dans l'économie locale.
Le village de Saou est composée d'anciennes hautes maisons et de grandes tours rocheuses à l'arrière-plan.
Histoire
Saou victime des guerres de religion et des bombardements de la Seconde Guerre mondiale garde aujourd’hui quelques témoignages de ce passé tumultueux.
Préhistoire et Antiquité
L’histoire de l’occupation humaine remonte à environ 6 000 ans avec les premiers agriculteurs sédentaires.
Des vestiges de cabanes ont été retrouvés au Pas de Lestang, un camp gaulois a été identifié sur la colline de Sissac et de riches villas gallo-romaines au cœur des meilleures terres agricoles dans la plaine du Roubion et vers les collines du bassin de Vèbre.
C’est pour la chasse que la forêt de Saoû attire les premiers hommes venus des environs, de 1050 à 750 av. J.-C., ils installent leur campement provisoire au passage de la Baume-Hannibal, près des Trois Becs.
Moyen Âge et Temps modernes
C’est au cours du Moyen Age et sous l’Ancien Régime que le village actuel se dessine petit à petit.
Il se composait de trois quartiers :
- le château situé au pied et au sud du Roc,
- le Bourg de l’Oume, et le Bourg des Églises s’étendaient plus bas, de part et d’autre de Vèbre.
Pour son bois ensuite, de 1400 à 1500 les paysans ne cessent de s’installer pour exploiter cette richesse naturelle allant déjà jusqu'à la surexploitation.
Pour se cacher ou servir de refuge la forêt accueille aussi protestants, insurgés, maquisards.
Avant la Révolution française, la monarchie soutient la réaction seigneuriale : c'est ainsi que le chevalier Bonnafau de Presque, détenteur du fief, obtient du Conseil d'État un arrêt lui concédant la propriété de la forêt domaniale. Mais il interdit la pratique de tous les droits d'usage traditionnels de la communauté villageoise : bûcherage, pâturage, et défrichement.
Ne pouvant espérer gagner un procès, les paysans résistent passivement, en continuant discrètement leurs prélèvements dans la forêt.
Lorsque le 11 novembre 1773, un paysan est tué par un garde forestier, l'église villageoise sonne le tocsin, et tout le canton se soulève.
Le siège est mis devant le château. La répression n'est que légère.
Époque contemporaine
En 1852 le ministre Crémieux, nouveau propriétaire de la forêt fait construire un château aux murs roses baptisé « VillaTibur ». Incendié et laissé à l’abandon, le château est rasé en 1971.
Par amour du site, en 1924 le riche député du Haut-Rhin Maurice Burrus qui devient propriétaire de toute la forêt après avoir racheté la part communale de Saou et Francillon entreprend un important reboisement.
Il fait construire le circuit touristique de 27 km sur le flanc du synclinal et l’Auberge des Dauphins inspirée du Petit Trianon de Versailles.
Inauguré en 1934, ce restaurant de luxe qui obtint deux étoiles sur le Guide Michelin de l'époque, était composé de deux salles décorées de faux marbres et de grands lustres.
Cette forêt qui a compté jusqu’à 130 saisonniers ou permanents abrite désormais deux écogardes chargés, entre autres, de renseigner les randonneurs.
Elle est la propriété du conseil général de la Drôme.
La forêt de Saoû est protégée par le classement site naturel classé depuis 1942.
