Pour celles et ceux qui n'ont pas pu venir et, comme promis, celles et ceux qui n'étaient pas dans le car.
Les truffes de Saoû
Ces champignons souterrains poussent, tout le monde le sait, sous les chênes, mais ce n'est point une alliance exclusive. On peut en trouver sous d'autres feuillus comme le noisetier, le charme et même, paraît-il sous les genévriers oxycèdres. (J'aime bien vous dire des mots comme ça, ça fait savant...)
Pour en revenir aux truffes, leur mycélium est lié aux radicelles des arbres avec lesquels ils vivent en symbiose. Les truffes sont les fructifications qui naissent çà et là sur les ramifications de ce mycélium.
Autant dire qu'il n'y a point de chêne truffier dont les glands transmettraient un pouvoir truffier héréditaire. Planter des chênes pubescents "inoculés", c'est-à-dire porteurs de mycorhizes, est le seul moyen de créer des chênaies productrices, avec le transport de terre porteuse de mycélium, ou la plantation des truffes elles-mêmes.
Sous les chênes truffiers, le sol est particulièrement nu, dépourvu d'herbes; on y voit seulement quelques mousses et de rares lichens.
Là, le Rabassier, qui connaît par cœur les coins de ses chênaies, où les truffes se retrouvent de saison en saison avec plus ou moins d'abondance selon les conditions climatiques, promène un chien dressé spécialement à rechercher ces champignons.
Quelques hameau du Haut-Vaucluse font commerce de chiens ainsi dressés, un bon flair se paie très cher: plus de 300€ certaines années.
Dans le Périgord on fait confiance au groin d'un cochon, mais le pauvre raffole des truffes et il faut lui disputer ses trouvailles.
On peut aussi chasser la truffe " à la mouche".
Une certaine Suilla gigantae, mouche brune pas géante du tout, qui pond à l'emplacement du champignon, quand ce dernier est un peu avancé. Il faut se promener le nez à terre et repérer attentivement l'endroit d'où s'élève l'insecte, on creuse et si le sort est favorable, on tombe sur une vilaine petite pomme de terre noire: la truffe.
En de nombreux cantons,
De la Haute-Provence au Périgord, les truffes représentent une ressource hivernale importante.
En 1967 dans les Basses Alpes, les négociants les payaient jusqu'à 120 francs le kg aux paysans qui les portaient au marché.
C'est sans doute la plus rémunératrice des industries qui soit encore liée, de nos jours, aux chênaies méridionales, et tout possesseur d'un terrain adéquat se devrait d'y planter des arbres truffiers ou d'ensemencer son sous bois.
Le chêne pubescent est le premier producteur du champignon, mais le rouvre, le chêne pédonculé, le tauzin et le chêne chevelu en fournissent aussi en moindre quantité.
Chez les espèces à feuilles persistantes, le chêne vert donne des truffes de première qualité, dans le Vaucluse en particulier. On en trouverait aussi sou le chêne liège.
Il existe plusieurs espèces de truffes, la Rabasse noire ou truffe du Périgord, citée plus haut, la plus appréciée, est confondue dans le commerce avec la truffe d'hiver ou truffe musquée, moins sombre et moins fortement verruqueuse.
D'autres truffes qui accompagnent le pubescent dans les stations septentrionales, sont de qualité médiocres.
Vocabulaire:
- Oxycèdres: huile de cade,
- mycélium: souche du champignon,
- mycorhizes: résultat de l'association symbiotique entre des champignons et les racines des plantes.
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