Le bois, c’est peut-être ce que le noyer nous offre de plus précieux à la fin de sa vie.
Le bois du noyer est blanc, veiné de noir dans son cœur, lorsque l’arbre est suffisamment âgé.
Là aussi, il faut savoir être patient car si la croissance a été trop rapide (ce qui est le cas dans les plantations car les arbres bénéficient d’apports d’engrais importants et parfois même d’irrigation) le bois a certes un grain très fin, mais sa couleur reste désespérément très claire.
Lorsqu’ils repèrent un arbre de bel prestance, les bûcherons prennent soin de le désoucher et non de le tronçonner à vingt ou trente centimètres du sol, comme on le fait pour un chêne ou un épicéa.
D’une part parce que le bois est tellement cher qu’il vaut mieux optimiser la coupe pour ne rien perdre, d’autre part parce que le pied de l’arbre, au départ des racines, peut recéler une véritable merveille de la nature, la « ronce », qui est un dessin particulièrement sophistiqué de la veine, lié à un développement végétal quelque peu anarchique.
Comme quoi, l’anarchie…
L’arbre peut offrir d’autres trésors comme la « loupe »
C'est une excroissance sur le tronc, dont les dessins sont également très recherchés.
Les plus beaux noyers partiront au placage : ronces et loupes constitueront le fleuron décoratif des meubles précieux.
Les ébénistes utilisent les feuilles de bois obtenues par tranchage, de façon symétrique, sur les portes des buffets ou le plateau des tables.
Sur les meubles anciens prestigieux, certains motifs, paraissent presque artificiels tellement ils sont chargés.
Dans les meubles contemporains apparaissent de nouvelles techniques d’emploi des bois de placage et de la marqueterie.
La mode des teintures sombres s’estompe aussi peu à peu, et le veinage naturel est de plus en plus perceptible.