Je ne mourrais probablement pas du chikungunya.
Lors de la grande épidémie qui toucha la Réunion en 2005 et 2006, 244 000 personnes ont été contaminées. 203 sont décédées, soit moins de 1 pour 1 000. Aux Antilles, on recense pour l'instant moins de 10 décès sur près de 30 000 cas.
Cependant, même à 1 pour 1 000, mieux vaut éviter ce risque, d’autant que la maladie est douloureuse, extrêmement douloureuse, à tel point que les médecins parlent de « douleurs poussant au suicide » !!!
Sur la fiche Wikipédia de la maladie, très bien faite, les douleurs sont qualifiées d'« excruciantes », un terme médical qui n'existe plus dans le dictionnaire et c'est dommage. Le mot vient des douleurs atroces éprouvées lorsqu'on vous crucifie.
Imaginez : vous souffrez tellement aux articulations que vous vous courbez comme une feuille morte qui se recroqueville. « Chikungunya » signifie d'ailleurs en français « maladie de l'homme courbé ».
Votre tête vous fait si mal que vous craignez qu'elle explose. Votre corps se couvre de boutons rouges qui gonflent et vous pousseraient à vous gratter jusqu'au sang si votre peau n'était pas brûlante et irritée au vif comme lors de la rougeole. Vous avez bien sûr une fièvre intense qui vous cloue au lit, plus des épisodes de paralysie totale qui vous immobilisent pendant des heures. Aux douleurs s'ajoute donc l'angoisse d'être sur le point de mourir.
Chez une minorité de personnes malchanceuses, la maladie se prolonge plusieurs semaines, parfois jusqu'à un an, avec une telle souffrance que le risque est grand de sombrer en dépression. Il n'est évidemment plus question d'aller travailler, ni même de faire la moindre activité physique ou intellectuelle.
Et tout ça à cause d'une piqûre de moustique.
Ce sera le dossier de la semaine.
À suivre...