Méfiez-vous des moustiques tigrés
Les experts se sont aperçus que seules les femelles moustiques sont capables de piquer, mais cela nous fait une belle jambe car peu de personnes ont la vue assez perçante pour distinguer à l'œil nu un moustique mâle d'un moustique femelle.
Par contre, il est facile de repérer les moustiques de couleur noire, dont l'abdomen est zébré de stries blanches, contrairement à notre moustique traditionnel européen qui est plutôt de couleur gris sombre uniforme. Ce moustique noir zébré de blanc est le principal vecteur de transmission du chikungunya.
Les femelles piquent car au moment de la ponte elles ont besoin de se gorger de sang pour la maturation de leurs œufs.
En dehors de ça, ce sont des animaux qui se nourrissent de nectar de fleur. Ils butinent donc comme les abeilles, et participent comme elles à la pollinisation.
Quand une femelle pique un homme contaminé par le chikungunya, qui est un virus, le virus se multiplie dans son corps et infectera cet insecte toute sa vie, notamment ses glandes salivaires. Chaque fois que ce moustique piquera quelqu'un, il lui injectera de la salive anesthésiante et anticoagulante, pour bien pomper son sang.
Cette salive, chargée de virus, infectera la personne. C'est ainsi qu'un seul moustique peut faire de nombreux malades.
Démoustiquer n'est pas la solution
On a « démoustiqué » la France en plusieurs étapes, d'abord dans les Landes au XIXe siècle, puis sur la côte méditerranéenne (Camargue, étangs du Languedoc) dans les années 60. Ces opérations ont plus été menées pour le confort des populations que pour des raisons sanitaires, le moustique français n'étant pas spécialement porteur de maladies, même s'il ne faut pas oublier que le paludisme a sévi en France jusqu'au 19ème siècle.
Le problème est que le moustique n'est pas seulement un bon insecte pollinisateur, comme nous l'avons dit plus haut. Il pond ses larves dans les étangs, et celles-ci s'y nourrissent de bactéries et de phytoplancton. Elles jouent ainsi un rôle important d'épuration des milieux aquatiques, mais aussi de biomasse alimentaire pour les poissons, les oiseaux, les chauve-souris et les batraciens qui s'en nourrissent.
De plus, les insecticides, comme les antibiotiques, ne tuent jamais tous les individus. Ils épargnent les plus résistants et leur font place nette, ce qui leur permet de se reproduire et de devenir beaucoup plus nombreux – et plus dangereux.
Et c'est ce qui s'est produit avec le moustique tigre, passé d'Indonésie à la Réunion, puis de la Réunion à la France où il a pu se multiplier.
Aujourd'hui, le chikungunya ne touche encore que la Réunion et les Antilles, mais tout est programmé pour qu'il puisse se répandre en France via ces moustiques que vous trouvez désormais un peu partout, surtout dans le sud.
À suivre...