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Peut-on jeûner...

Droit de réponse (suite de l'article sur le jeûne)

Nous nous devons de rétablir la réalité scientifique concernant les effets positifs du jeûne suite aux multiples critiques exprimées par le Professeur Jean-Marie Bourre dans son article "Peut-on jeûner sans risque pour la santé?"

Notre connaissance du jeûne s'appuie en effet sur 40 ans de recherches sur la physiologie du jeûne et 60 ans d'expériences clinique, avec plus de 250 000 cures de jeûne médicalement suivies dans les cliniques Buchinger. Des publications scientifiques récentes dans les revues les plus prestigieuses sont citées à l'appui de nos allégations.

L'être humain, comme l'animal, n'a pu survivre sur terre que grâce à sa capacité à stocker et à "déstocker" ses réserves en fonction des saisons. Des jeûnes de plusieurs semaines ou même de mois chez l'animal sont documentés scientifiquement.

Au cours d'un jeûne, les protéines sont protégées par des mécanismes d'épargne protéique: les principaux carburants du jeûne sont les graisses et les corps cétoniques qui en dérivent, même pour le cerveau qui s'adapte plus lentement. Les vitamines sont également épargnées et, pour certaines comme la vitamine C, les réserves suffisent pour 40 jours.

Le jeûne désactive les gênes responsables du vieillissement et active ceux responsables des réparations cellulaires. La restriction calorique et diverses formes de jeûne périodique protègent contre la survenue du diabète, des maladies cardio-vasculaires et des maladies inflammatoires chroniques. Il met la cellule dans un mode de protection et la rend résistante à des stress multiples. Les effets thérapeutique du jeûne sur la polyarthrite et l'arthrite ont également été largement prouvés par des études randomisées et contrôlées. Quand à l'amélioration de l'humeur et la légèreté ressentie après la phase d'adaptation, toute personne ayant jeûné la connaît et elle est documentée scientifiquement.

Les travaux de recherche du Professeur Valter Longo (Université de Californie du Sud) sur la souris ont démontré dans la revue Science Translational Médicine en 2012, l'effet sélectivement négatif du jeûne sur la cellule cancéreuse. Jeûner permet également de diminuer les effets secondaires de la chimiothérapie et l'association des deux approches donne des résultats prometteurs. Cette approche fait l'objet de tests, chez des patients atteints de cancer, aux USA et dans plusieurs pays européens.

Il est beaucoup plus physiologique de jeûner à intervalles réguliers que de ne jamais jeûner, surtout à une époque où 60% de la population de nombreux pays est obèse.

La pratique du jeûne commence à être connue en France. En Allemagne, 20% de la population le pratique et il est l'objet de recherches dans divers centres universitaires.

Les jeûneurs connaissent l'étonnement en réalisant l'absence de faim et font l'expérience qu'un jeûne est un moment privilégié, porteur d'un véritable bien-être physique et émotionnel. Bien-sûr, il faut être accompagné professionnellement et jeûner avec une méthode éprouvée.

Docteur Yvon Le Maho, Directeur de Recherches Émérite au CNRS et membre de l'Académie des Sciences.

Docteur Françoise Wilhelmi de Toledo, Directrice médicale, Clinique Buchinger, Überlingen.

Tag(s) : #Qu'est-ce que c'est?
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