Doses d’exposition
A chaque source bien-sûr, sa dose d’exposition particulière, et surtout une biodisponibilité différente : si elle est de 100% en cas de perfusion (où l’aluminium est injecté directement dans le réseau sanguin), elle serait estimée aux alentours de 0,3% pour l’eau potable, de 0,1 à 0,3% pour les aliments.
L’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) a établi la dose tolérable d’ingestion d’aluminium pour un être humain à 1mg d’aluminium par kg et par semaine. L’ingestion quotidienne d’aluminium (aliments, additifs, eaux de boisson, médicaments…) serait estimée dans une fourchette de 3 à 50mg par personne. L’apport cosmétique ne représenterait que de 3 à 9% de la dose tolérable en alimentaire.
La toxicité de l’aluminium
En la matière, la dose a une importance cruciale, car c’est surtout en cas d’exposition importante à de fortes doses d’aluminium que sa toxicité est avérée.
A noter qu’il s’agit toujours de toxicité chronique (après administration d’aluminium à doses répétées), aucun cas de toxicité aiguë n’ayant été observé.
Chez l’animal
Des cas de neuro toxicité (action sur le système nerveux) ont été décrits lors de nombreuses études effectuées sur les animaux, ainsi que des effets sur le poids, les testicules, l’embryon et le développement du système nerveux, après administration d’aluminium par voie orale.
Des études qui comportent de nombreux biais et sont difficilement interprétables, mais qui ont néanmoins servi de base pour fixer les seuils acceptés pour les apports alimentaires.
Chez l’homme
Dans son évaluation du risque lié à l’utilisation de l’aluminium dans les produits cosmétiques » (octobre 2011)), l’Afssaps rappelle que "les effets chez l’homme (neuro toxicité, atteinte osseuse, anémie) sont connus chez les insuffisants rénaux exposés de façon chronique à l’aluminium, ainsi que chez les prématurés alimentés par voie parentérale".
Des cas d’encéphalopathie chez les dialysés et les insuffisants rénaux, ainsi que la présence de troubles cognitifs consécutifs aux expositions professionnelles chez des travailleurs fortement exposés par voie respiratoire, ont ainsi été répertoriés. Des cas d’ostéo-dystrophie (atteinte des os) ont également été observés chez des dialysés.
Des effets, il faut le noter, pour des doses retrouvées d’aluminium dans le sang considérables, allant de 30 à 80 µg par litre.
Un cas de grave anémie, fatigue et douleurs osseuses a enfin été rapporté par une équipe de chercheurs français en 2004 chez une femme qui utilisait quotidiennement un anti transpirant contenant un sel d’aluminium (chlorhydrate d’aluminium),. Après cessation de l’utilisation de ce produit, ses taux mesurés d’aluminium dans le plasma sanguin et dans les urines ont chuté… et les douleurs ont cessé.
Une étude cependant contestée par l’industrie cosmétique, qui y voit là un cas isolé et jamais ré-observé depuis, tout en soupçonnant quelques biais dans la méthodologie.
La suite demain.