Le bouleau a une importance écologique considérable,
car il s’agit d’une espèce d’arbre qui se propage et se développe rapidement, sur tous les sols, à partir du moment où elle peut bénéficier d’une quantité importante de lumière.
Après un incendie de forêt dévastateur, le bouleau a tôt fait de coloniser le sol et cela permet d’éviter l’érosion catastrophique de la mince couche de terreau superficiel. Lorsqu’il fournit un couvert suffisant, d’autres espèces n’appréciant pas trop les rayons du soleil peuvent alors germer et grandir. Quand la concurrence des nouveaux venus se fait trop rigoureuse, les bouleaux disparaissent car ils n’aiment pas l’obscurité, mais, pendant les années où ils ont occupé l’espace, leurs graines se sont propagées vers d’autres lieux colonisables.
Le bouleau ne vit d’ailleurs pas très vieux : dans des conditions très favorables, sa durée de vie est de l’ordre d’un siècle et il atteint une hauteur d’environ 25mètres. Ce sont là des performances médiocres à côté de celles du chêne ou du hêtre. Le botaniste Varenne de Fenille, dans un ouvrage écrit en 1792, résumait très bien ce qu’il y a lieu de penser sur les usages du bouleau européen : « Il n’a aucune qualité excellente, mais il en a beaucoup de médiocres dont la réunion lui donne du prix. »
Le bois du bouleau est peu employé en ébénisterie, mais il est apprécié des tourneurs, et il était utilisé autrefois par les charrons et les tonneliers. Les premiers en faisaient des essieux ou des jantes, parfois même courbes, car il a la faculté de se cintrer facilement ; quant aux fabricants de fûts et de cuviers, ils se servaient des branches pour cercler leurs récipients. De nombreux autres objets, vaisselle, sabots, bobines peuvent être réalisés avec ce bois. De nos jours on l’utilise surtout pour fabriquer de la pâte à papier ou du contreplaqué. Il y a peu de fûts exploitables en scierie car, depuis des décennies, cet arbre n’a pas fait l’objet de plantations systématiques. Sur les terrains pauvres dont il s’accommode facilement, on préfère planter des résineux, en particulier des pins, dont les charpentes et les planchers font une consommation vorace.
A l’abattage, le bois du bouleau est lourd car il est chargé d’eau. En séchant il connaît un retrait considérable, et c’est l’une des raisons pour lesquelles les ébénistes le boudent. Comme bois de chauffe il était apprécié par les boulangers et par les potiers, car il brûle « à flamme », dégage une chaleur considérable, mais ne laisse ni charbon ni braise, ce qui veut dire qu’il faut alimenter très souvent les feux. Pour le chauffage, on préfère les bois qui se combustent plus lentement tout en dégageant une chaleur régulière. Le bois est très putrescible au contact de l’humidité et il ne se prête aucunement à la réalisation d’ouvrages extérieurs.
Si vous avez la chance de posséder un coin de jardin ou un petit bout de pelouse, plantez un bouleau ! Il existe des variétés de taille relativement réduite. Vous ne ferez certainement pas un placement financier mirobolant, mais vous verrez, au fur et à mesure qu’il se développera et que le tronc prendra sa configuration adulte, le charme opèrera et vous ne pourrez plus vous passer de cet arbre. Vous ne serez pas le seul à être conquis : dès qu’ils ont un branchage suffisant, les bouleaux accueillent de nombreux hôtes ailés et le ravissement des oreilles viendra compléter celui des yeux. Vous pourrez aussi, de temps à autre, tailler quelques branches et vous en servir pour réaliser un balai à feuilles, plutôt qu’un faisceau de verges à fouetter. Mais ne comptez pas voler avec, je vous l’ai dit, question bouleau on est plutôt du côté des fées que de celui des sorcières (celles-ci préféraient le genêt)!
Au fait, pardonnez-moi de vous avoir parlé « bouleau » un jeudi matin.
