Arbre de la sagesse ,
son écorce blanc et noir semblable à du parchemin, ses rameaux aériens et son feuillage lumineux. Arbre d’une grande importance écologique, économique et symbolique.
le bouleau joue un rôle aussi essentiel dans les pays du Nord que l’olivier en bordure de la Méditerranée.
Dans la mythologie, le bouleau est l’essence qui exprime la plénitude des forces féminines contenues dans la terre et dans l’eau, sa blancheur virginale n’étant pas pour rien dans l’origine de cette image. Certains botanistes, dans les temps anciens, utilisaient d’ailleurs le féminin pour désigner cet arbre, souvent habité par les fées. Combien d’écorces de bouleau ont reçu la marque de prénoms écrits dans deux cœurs entrelacés ! Il est en effet souvent choisi par les amoureux : inscrire au beau milieu d’un tronc, à la hauteur des yeux, le prénom de l’être aimé témoigne de la vigueur et de la durée que l’on souhaite inspirer à sa passion. L’arbre conservera la marque de cet amour pour toute la durée de son existence et la sève, abondante, en diffusera le témoignage jusque dans ses plus fines ramifications.
Plus matérialistes sans doute, les Slaves baptisent l’arbre « puits du peuple » car il donne aux hommes la chaleur, par la combustion de son bois, la lumière, grâce aux torches que l’on confectionne avec son écorce, et la santé, par les vertus multiples de sa sève que l’on récolte au printemps. En Sibérie, pour les chamanes de certaines peuplades, il représente l’axe du monde et il est au cœur des rituels initiatiques. Placé au centre de la yourte circulaire, ses branches s’échappent vers le ciel dont elles captent l’énergie. Elles servent aussi à faire connaître aux Dieux les aspirations humaines. Le bouleau joue à la fois un rôle de lien entre le ciel et la terre et un rôle protecteur face aux forces malfaisantes. Si vous êtes peu sensible à cette tradition mythologique, cela ne vous empêchera pas d’apprécier la blancheur de cette écorce qui illumine nos sombres forêts de chênes et de châtaigniers l’hiver, mais aussi le vert luminescent dont se parent les branchages, aux premiers jours de printemps. Le bouleau (pas son homonyme bien sûr !) évoque la lueur d’espoir qui subsiste en nous pendant la longue nuit hivernale, et l’approche des festivités printanières.
Dans le nouveau monde aussi, où l’on compte de nombreuses espèces locales de bouleau, l’arbre joue un rôle considérable. Il existe par exemple une variété appelée « bouleau à papier », dont le tronc est très blanc et ne possède pratiquement pas les traits noirs qui ponctuent la circonférence de nos bouleaux européens. L’écorce de ce bouleau là s’exfolie en larges plaques que l’on retrouve, traînant sur le sol et qui font penser parfois à des morceaux d’affiche arrachées par le vent. Les Amérindiens lui accordaient une place très importante car ses usages étaient nombreux et précieux : avec ces morceaux d’écorce, ils habillaient les canots ultra légers qu’ils fabriquaient pour se déplacer sur les rivières tumultueuses, leurs seules voies de communication rapide. Ils avaient remarqué aussi que les aliments se conservaient particulièrement bien au contact de cette écorce ; avec une technique proche de celle employée pour la réalisation des embarcations, ils habillaient de nombreux contenants. La fine pellicule d’écorce de bouleau, rendue étanche par l’emploi d’une résine fabriquée avec de la graisse d’ours et de la gomme de sapin, permettait de fabriquer des outres pour transporter l’eau. Les trous creusés dans la terre pour conserver certains aliments étaient habillés d’écorce de bouleau à papier et devenaient ainsi d’efficaces garde-manger !

