
La premiere raison expliquant la difficulté d'identifier cette maladie est que la majorité du corps médical n'a pas encore acquis le réflexe de se poser la question suivante lorsque les différents bilans n'ont pas conduit à un diagnostic évident: " ces symptômes d'apparition récente dont je ne comprends pas la cause font-ils partie de la liste des phénomènes observés au cours de la maladie de Lyme?"
Comme le nombre des manifestations que cette infection peut induire est élevé (notamment dans la sphère psychologique), la question devrait souvent se poser.

Une autre raison est la spécificité insuffisante des examens biologiques habituellement pratiqués. En effet, si, aujourd’hui encore, établir pour tout un chacun qu’à un moment de sa vie son système immunitaire a été exposé à la borréliose de Lyme semble une gageure, préciser le degré d’évolutivité de la maladie (forte ou faible activité, phase de latence, guérison) est pratiquement mission impossible :
- Les dosages immuno-enzymatiques (Elisa et ELFA) peuvent revenir positifs en l'absence même de maladie de Lyme à cause d'une infection par une autre bactérie ou par un virus. Ils ne permettent pas d'éliminer le diagnostic quand ils reviennent négatifs. Enfin, ils ne sont pas capables de préciser l'ancienneté du processus infectieux.
Le Western Blot leur est préférable, car il présente l’avantage d’être plus sensible et d’indiquer si l’infection est récente ou déjà ancienne. Toutefois, il n’autorise pas, lui non plus, l’exclusion du diagnostic en cas de négativité. Quel que soit le test utilisé, certains sujets infectés ne développent pas d’anticorps contre la bactérie. En cause, notamment, un affaiblissement de leur système immunitaire ou une production d’immunoglobulines insuffisante.
- Lorsqu'il existe une atteinte neurologique, l'analyse du liquide céphalorachidien (dans lequel baignent le cerveau et la moelle épinière) est souvent décevante, de sorte que sa négativité ne doit jamais exclure le diagnostique.
- Borrelia burgdorferi sl emploie de nombreuses ruses pour tromper le système immunitaire: elle peut se cacher en s'enkystant, en se réfugiant dans des tissus peu irrigués par la circulation sanguine (tissu conjonctif, ligaments, tendons...), en créant des bulles dans la paroi des cellules qu'elle infecte, en participant à des complexe immuns, en adhérant à une protéine qui alors la masque...
- Les co-infections par d'autres agents infectieux véhiculés par les tiques et autres vecteurs (anaplasmose, babésiose, bartonellose, ehrlichiose) sont fréquentes, ce qui brouille un peu plus le tableau clinique.

Ce sombre état des lieux ne doit pas nous faire oublier qu’il est possible de recourir depuis quelques années à un test encore trop peu pratiqué, bien que les premiers essais aient confirmé son intérêt dans les cas ambigus : le LTT-Melisa test, qui mesure la croissance cellulaire des lymphocytes T à mémoire au contact du sang du sujet qu’on soupçonne d’être infecté.
En effet, une réponse positive peut être observée seulement 10 jours (parfois moins) après la morsure par une tique vectrice de la maladie ! De plus, elle reste positive tout le temps que le système immunitaire est sollicité par la présence de la bactérie. Reste à trouver le laboratoire plus ou moins proche de chez soi, capable de pratiquer cette méthode.
Quant à l’EliSpot-Test (examen apparu en 2013), il serait nettement plus sensible que le Western Blot. Cependant, comme encore trop peu d’études lui ont été consacrées, il n’est pas possible de mesurer précisément son efficacité.
À suivre...