Cherbourg et ses rades
Du haut des rouges terres, de l'église de Querqueville, de la montagne du Roule ou du fort de Digosville la vue est impressionnante sur la ville de Cherbourg, son port et ses rades.
Saviez-vous que l'exposition internationale de Cherbourg accueillit près de 100 000 visiteurs en 1905, que c'est de Cherbourg que repartira l'aviateur Charles Lindbergh en 1927 pour les États-Unis, enfin que Cherbourg fut le premier port du monde entre juillet et octobre 1944 avec un trafic double du port de New York?
Cherbourg trouve sa puissance maritime grâce à Louis XVI et Napoléon, qui comprennent l'intérêt de la position stratégique de ce port au milieu de la Manche. Après bien des atermoiements, la création de la rade artificielle de Cherbourg sera l'une des plus grandioses entreprises des XVIIIème et XIXème siècles.
En 1780, l'officier de marine La Bretonnière propose de fermer la rade par "un rempart jeté à pierres perdues" de près de 4 km sans attache avec la côte.
Mais en 1783, Alexandre Cessart, ingénieur des Ponts et Chaussées, imagine une digue formée de 90 cônes de bois tronqués et déposés en mer. Comme les tempêtes détruisent les cônes, il faut revenir aux "pierres perdues".
En 1789, le soubassement de la digue est achevé: 12 m de profondeur, 100 m de largeur à la base, sur une longueur de 3700 m.
Interrompu durant la Révolution, le chantier reprend en 1802 grâce à Napoléon. Il ordonne en 1803 la construction d'un port de guerre et d'un arsenal (premier bassin en 1813). La digue centrale est terminée en 1853. Les trois forts sur la digue sont achevés en 1860, la rade est fermée par les jetées de Querqueville et de l'Île Pelée.
Cherbourg et ses rades constituent un plan d'eau de 1500 hectares accessible à toute heure aux voiliers comme aux paquebots.