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Le Lierre, un méconnu... (fin)

Un poème pour terminer...

Déniché sur un excellent site dont je vous mettrais le lien en bas de page.

Le lierre et le Vieux Chêne

Un jour, dans un sous-bois, un chêne centenaire

vit ramper à ses pieds un charmant petit lierre.

« Tu es bien arrogant, malgré ton très jeune âge

D’espérer, en grimpant, atteindre mon feuillage !

Va-t’en grandir ailleurs, sur un frêne ou un tremble

Car je n’ai point envie que nous mourions ensemble ! »

Tonna le roi des bois au vert serpent feuillu

« Majesté ? répondit le lierre, qui l’eut cru ?

Vous, vous sentir menacé par l’hédéracée

Que je suis ! Craignez-vous d’y perdre la santé ?

Envisagez plutôt les nombreux avantages

Que notre voisinage offre à votre grand âge :

Je pourrais en hiver, vous servir de fourrure,

Puis au printemps renaissant, je vous serais parure :

Pinsons et rossignols, cachés sous ma verdure,

Donneront des concerts pour chanter vos louanges ! »

Le suzerain se crut aux anges :

« Viens, petit vermisseau, t’agripper à mon tronc,

Mais je serai ton roi, tu resteras baron ! »

Il ne se doutait guère des viles manigances

Que le perfide lierre lui avait réservées.

Car au fil des années, cette fraternité

Entre le fourbe et notre fagacée

Dissimula, hélas, l’intention de le tuer

La liane fit preuve de persévérance

Resserrant son étreinte, affirmant sa puissance.

Progressivement, insensiblement, ne reculant

Jamais, elle rampait, s’accrochait. Et, caressant

Insidieusement l’écorce du géant, l’enlaçant sans merci

Elle parvient à ses fins : le chêne fut occis !

« Enfin, je l’ai vaincu ! De ce mort je ris

Me voilà des forêts, le prince dorénavant ! »

Se pâma l’assassin, ô fourbe courtisan !

Mais un bûcheron vient, vit le chêne sans vie,

Et se dit : « Quelle aubaine ! » puis sortit sa scie.

Il abattit le chêne, et ainsi le lierre mourut aussi.

Dans sa cheminée, ils finirent donc tout deux

Enlacés par la flamme ardente d’un grand feu

Qui cède aux flatteries, peut en perdre la vie !

Mais, chers amis, n’oubliez pas ceci :

Lorsqu’on a sans émoi vaincu perfidement

On ne peut, c’est fatal, survivre impunément !

« Le lierre qui voulait devenir un grand arbre » un photo de jygdarmor / flickr.

Tag(s) : #Botanique
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