Le lierre, ce méconnu...
On foule, dans les sous-bois, ses beaux tapis verts sombres déroulés pour des Mélusines à jamais endormies.
On le voit monter patiemment (il a toute leur vie devant lui) à l'assaut des plus grands arbres, prospérer, vorace de pierres vénérables, aux donjons démantelés, pouffer de moineaux au faîte des vieux murs, bonasse mais tenace et toujours vainqueur, à la longue, s'il n'est blessé au talon.
On ne fait plus attention à lui car il est trop présent; pire, on le cultive en appartement, meilleure façon de l'ignorer sauvage.
Son portrait révélera déjà des traits ignorés...
C'est une plante ligneuse rampant sur le sol ou grimpant aux arbres, aux rochers, aux murs, à l'aide de nombreux crampons courts, serrés (racines modifiées), qui n'ont qu'un rôle mécanique et ne font pas du lierre un parasite.
Les tiges peuvent devenir énormes (jusqu'à 3 m de tour; ordinairement jusqu'à 50-75 cm) et s'élever jusqu'à 30 m de hauteur; les jeunes rameaux portent des poils étoilés.
Les feuilles, alternes, pétiolées, coriaces et persistantes, sont d'un beau vert sombre et luisant en dessus.
Les fleurs, petites, d'un jaune verdâtre, sont réunies en ombelles terminales; elles sécrètent un nectar abondant.
Les fruits sont des baies de 6-8 mm, noires, globuleuses, cerclées vers le sommet par les vestiges du calice, contenant 3 à 5 graines.
Toute la plante, et surtout les fleurs, exhalent une odeur caractéristique, peu agréable.
La floraison se situe en septembre-novembre; les fruits passent l'hiver et n'arrivent à maturité qu'en avril-mai de l'année suivante.
À suivre...