Maison de Pays
Les lauzes du Vercors
En dépit de son caractère alpin, le plateau du Vercors n'est guère forestier. Cela explique le faible emploi du bois dans son habitat. L'ajout d'un bardage est donc malvenu dans une réhabilitation respectueuse de l'architecture de ce terroir. Les murs sont en pierre de calcaire issue des carrières locales.
Les pignons en lauzes ("à sauts de moineaux" ou "à redan") attestent que l'habitation traditionnelle était couverte de chaume. Les lauzes, posées sur chaque marche du pignon, débordent sur les côtés, de manière à préserver l'étanchéité du solin. Les lauzes en calcaire sont à préférer au béton ou au granite, leur teinte étant plus adaptée au paysage. Elles sont un peu inclinées, à part celle du sommet, coiffées d'une "couve" (ou faîtage) taillée dans la pierre et destinée à protéger le lieu des diables , sorcières et autres maléfices... C'est aussi un symbole de fécondité.
Au XIX ème siècle, l'ardoise, la tôle en acier ondulé, la tuile canal ou plate mécanique, le Fibrociment, résistants au gel, ont supléé chaume et tuiles de bois. Pour soutenir les dépassées (débords) de toiture, les gênoises ont souvent remplacé les lauzes. La pose de larges planches (15 à 40 cm) s'avère aussi bien adaptée. La frisette est à déconseiller.
Points particuliers
- Cette maison montagnarde a la couleur de ses éléments, d'où une certaine neutralité.
Les portes des étables sont laissées telles quelles, en bois brut et les menuiseries sont peintes en gris ou dans une gamme de brun-rouge.
- Du fait de la déclivité du terrain, ces fermes sont souvent semi-enterrées. La grange (aujourd'hui le garage) est accessible par une pente ou "montoir". Le bas est réservé à l'entrée du logis; le chemin qui y mène resta à l'échelle du piéton. Près de l'habitation, les anciens évitaient la plantation de résineux au profit des frênes, tilleuls et fruitiers.