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Métier: Goémonier
Environnement

Les algues marines

Si l'on estime que la pêche des crustacés a débuté au XVIIIème siècle le long du littoral, de la baie de Morlaix à la rade de Brest, la récolte des algues est plus ancienne et son impact dans l'économie locale dépasse très largement le seul secteur de la mer.

C'est en effet, la coupe des goémons de rive qui a permis le développement de l'agriculture dans le Nord Finistère. L'usage des engrais marins s'est perpétué jusqu'à nos jours et n'a commencé à céder du terrain qu'avec l'arrivée des engrais chimiques .

Le spectacle traditionnel du cheval breton (le postier) , de l'eau jusqu'au poitrail, tirant une charrette d'où s'échappent de longues algues brunes, fait désormais partie de la mémoire locale. Si l'agriculture ne profite plus des richesses végétales marines, l'industrie s'en est emparée dès le début du XIXeme siècle.

Sur le littoral concerné, de nombreuses usines extraient l'iode des cendres d'algues. Pour cela, plus d'une centaine de milliers de tonnes d'algues fraîches sont retirées des profondeurs océanes. Séchées sur la dune puis brûlées dans des fours rudimentaires par les goémoniers, les algues se transforment en gros pains de soude. Ce sont ces blocs que les goémoniers livrent aux usines.

Longtemps minée par la concurrence étrangère, cette industrie à décliné à partir de 1950. Elle s'est presque aussitôt reconvertie vers d'autres applications.

De nos jours, la récolte des algues est destinée dans sa quasi totalité à la production de matières entrant dans la composition de divers produits alimentaires, cosmétiques, parapharmaceutiques, ainsi que dans la chimie pour fixer des couleurs et dans les électrodes de soudure. Elles sont également utilisées dans le traitement des eaux et l'industrie du papier.

La flottille goémonière s'est modernisée. Le bateau d'aujourd'hui dispose d'un outil original de collecte des algues: "le scoubidou", sorte de tire-bouchon. Les marins, en général un seul par bateau, effectuent de huit à dix heures de travail par jour dans la petite cabine de leur barque aux manettes de leur scoubidou. Cette flottille, d'une cinquantaine de bateaux, permet, dans une saison, le ramassage de 55 à 60 000 tonnes de laminaires.

Tous ces créneaux, très porteurs pour l'industrie de l'algue, devraient permettre à la Bretagne d'entrer dans le XXIeme siècle avec l'espoir de voir se perpétuer une tradition ancienne mais vivante.

Métier: Goémonier
Déchargement des algues à Lanildut

Déchargement des algues à Lanildut

Laminaires en mer d'Iroise

Laminaires en mer d'Iroise

Tag(s) : #Echapées belles GR 34
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