En France, évoquer Amma sans passer pour un illuminé est une tâche difficile.
"Les pays de tradition catholique ont du mal à comprendre ce qu'est un gourou dans la tradition hindou, et l'assimilent à des pratiques sectaires", nous explique la bénévole Mathilde qui a bien rodé sa réponse.
Et si le mouvement est très implanté depuis au moins vingt ans aux Etats-Unis avec des ambassadeurs de choix comme Sharon Stone ou Jim Carrey, il commence tout juste à trouver sa place en France avec comme adeptes des célébrités telles que Marion Cotillard, Mathieu Chédid, Juliette Binoche ou la réalisatrice Lisa Azuelos.
Présente à Pontoise ce jour-là, elle nous confie : "J'avais l'habitude de partir en thalasso, mais ça fait moins d'effet que deux jours avec Amma dans le hall des expositions." C'est ce qu'on pourrait appeler l'effet "Eat, Pray, Love", du nom du best-seller de l'Américaine Elizabeth Gilbert. Adapté au cinéma avec Julia Roberts dans le rôle principal, c'est l'histoire d'une femme occidentale lambda en pleine crise de sens qui trouve la paix dans la spiritualité grâce à son gourou - pas Amma, mais Gita, même ambiance mais moins portée sur les câlins. Et aujourd'hui, sur les traces de Julia Roberts, dans le village d'Ubud à Bali, des centaines de blondes entre deux âges en position du lotus viennent à leur tour goûter à une spiritualité exotique.
Le phénomène n'est pas nouveau et découle profondément de toute la philosophie new age née dans les années 1970. Mais il semble qu'entre l'universalisme du message d'Amma, « l'amour » (difficilement critiquable, il faut en convenir) et l'aura glamour des people, Amma ait trouvé la recette parfaite de la spiritualité pour le XXIe siècle. Allez, namasté.